[On m'excusera tout d'abord mon absence de plus d'une semaine dûe à diverses activités personnelles très prenantes (notamment la grasse matinée).]
La réforme de l'éducation nationale voulue par le Président et pilotée par l'excellent Xavier Darcos n'a pas fini de faire grincer les dents d'une catégorie d'immobilistes qui perpétuent une image bien molle de notre pays: ceux qui manifestent par réflexe. Et je me permets ici de citer un des plus grands penseurs de ce début de siècle, en l'occurence mon père, dans sa définition fort bien sentie de l'immobilisme: "Tout le monde est d'accord pour que tout bouge à la condition que rien ne change." Toute l'idée est là.
Et il est bien un milieu où ceci s'applique, c'est celui de la sacrosainte éducation nationale. En effet, il n'est pas une décision touchant à ce mammouth indomptable qui soit prise sans qu'on fasse prendre l'air au banderolles, pour évite le pourrissement, entre République et Nation. A cela, deux explications principales, et contre lesquelles il est difficile de lutter.
Premio, il faut se persuader que l'école appartient à la République, et non aux professeurs. Si ces derniers ont leur mot à dire, il est temps que l'on comprenne que c'est le ministère qui est à la tête de la maison, et pas un consortium d'instituteurs qui pensent détenir à eux seuls les clefs de l'enseignement. Trente années de tableau noir ne confèrent en rien une équivalence d'administrateur, tout au plus portent-elles au poste d'observateur avisé.
Je n'ai rien contre l'idée que les profs donnent leur avis, mais ils ont toujours représenté une force majoritairement à gauche dans une république qui a connu tout au plus quinze ans de socialisme. Dès lors, on comprend mieux pourquoi ils battent le pavé à chaque occasion. Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit: tous les enseignants ne sont pas de gauche. Cependant, il existe chez eux une fraction contestataire par tradition qui vient ternir l'image de la profession et encourage la jeunesse à s'opposer de façon primaire.
Parlons donc de cette jeunesse qui profite du redoux pour arpenter les rues en brandissant leur anti-sarkozysme de bas-étage. C'est la deuxième explication. Il y a une émancipation et un irrespect hérité de mai 68 qui se sont développés chez elle, qui témoigne peut être d'un ennui, et sûrement d'un laxisme inavoué. Notre pays a pollué les rapports du maître à l'élève, érigeant la liberté et l'indépendance du second en principe intouchable, alors même qu'il est à un âge où sa fougue doit être canalisée pour être créative et positive.
Je ne pense pas qu'un mineur doit obéïr bêtement au "sois bête et tais-toi", car la valeur n'attend pas toujours le nombre des années. Mais l'apprentissage de la sagesse est un long chemin, dont je n'ai moi-même pas vu le bout. Sur cette route, tout ce qui est fait par excitation ou grégarisme est la plupart du temps mauvais. La preuve est donnée lorsqu'on entend ces lycéens s'exprimer dans les cortèges: ils dissertent souvent mal d'enjeux qui leur échappent. Mais n'ayons crainte! Ils finiront bien par être de droite, comme tout le monde! pouf pouf.
Il y a concernant les suppressions de postes une désinformation hors du commun, comme souvent dans les mouvements sociaux. Il m'apparait assez légitime d'enfin dégraisser le mammouth quand celui-ci a perdu presque 140000 élèves en trois ans! Certains font leur beurre de ces incompréhensions, et le gouvernement manque probablement de pédagogie à ce sujet.
Concernant les blocages, ils sont révoltants. Je n'aurai cesse de me battre contre ces pratiques liberticides. J'aimerais voir la tronche de ces bloqueurs aux cheveux gras si j'allais barricader leurs salles de classe au nom d'une lutte à laquelle ils n'adhèrent pas. Libre à eux de manifester si ça leur chante, mais qu'ils ne se livrent pas à ces chantages odieux, qui sont souvent la seule arme d'une minorité agissante que je considère attardée.
Sur ce, puisque je n'ai pas de bac à réviser, je vais aller manifester seul pour le mouvement et le progrès, choses contre lesquelles certains de nos lycéens se battent, souvent sans le savoir.
PS: Ce vendredi, j'irai fleurir la tombe de Pierre Desproges au Père Lachaise à l'occasion des vingts ans de la cruelle absence que nous a imposée son cancer. Je vous invite à faire de même, ou à avoir une pensée pour ce trublion génial.
La réforme de l'éducation nationale voulue par le Président et pilotée par l'excellent Xavier Darcos n'a pas fini de faire grincer les dents d'une catégorie d'immobilistes qui perpétuent une image bien molle de notre pays: ceux qui manifestent par réflexe. Et je me permets ici de citer un des plus grands penseurs de ce début de siècle, en l'occurence mon père, dans sa définition fort bien sentie de l'immobilisme: "Tout le monde est d'accord pour que tout bouge à la condition que rien ne change." Toute l'idée est là.
Et il est bien un milieu où ceci s'applique, c'est celui de la sacrosainte éducation nationale. En effet, il n'est pas une décision touchant à ce mammouth indomptable qui soit prise sans qu'on fasse prendre l'air au banderolles, pour évite le pourrissement, entre République et Nation. A cela, deux explications principales, et contre lesquelles il est difficile de lutter.
Premio, il faut se persuader que l'école appartient à la République, et non aux professeurs. Si ces derniers ont leur mot à dire, il est temps que l'on comprenne que c'est le ministère qui est à la tête de la maison, et pas un consortium d'instituteurs qui pensent détenir à eux seuls les clefs de l'enseignement. Trente années de tableau noir ne confèrent en rien une équivalence d'administrateur, tout au plus portent-elles au poste d'observateur avisé.
Je n'ai rien contre l'idée que les profs donnent leur avis, mais ils ont toujours représenté une force majoritairement à gauche dans une république qui a connu tout au plus quinze ans de socialisme. Dès lors, on comprend mieux pourquoi ils battent le pavé à chaque occasion. Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit: tous les enseignants ne sont pas de gauche. Cependant, il existe chez eux une fraction contestataire par tradition qui vient ternir l'image de la profession et encourage la jeunesse à s'opposer de façon primaire.
Parlons donc de cette jeunesse qui profite du redoux pour arpenter les rues en brandissant leur anti-sarkozysme de bas-étage. C'est la deuxième explication. Il y a une émancipation et un irrespect hérité de mai 68 qui se sont développés chez elle, qui témoigne peut être d'un ennui, et sûrement d'un laxisme inavoué. Notre pays a pollué les rapports du maître à l'élève, érigeant la liberté et l'indépendance du second en principe intouchable, alors même qu'il est à un âge où sa fougue doit être canalisée pour être créative et positive.
Je ne pense pas qu'un mineur doit obéïr bêtement au "sois bête et tais-toi", car la valeur n'attend pas toujours le nombre des années. Mais l'apprentissage de la sagesse est un long chemin, dont je n'ai moi-même pas vu le bout. Sur cette route, tout ce qui est fait par excitation ou grégarisme est la plupart du temps mauvais. La preuve est donnée lorsqu'on entend ces lycéens s'exprimer dans les cortèges: ils dissertent souvent mal d'enjeux qui leur échappent. Mais n'ayons crainte! Ils finiront bien par être de droite, comme tout le monde! pouf pouf.
Il y a concernant les suppressions de postes une désinformation hors du commun, comme souvent dans les mouvements sociaux. Il m'apparait assez légitime d'enfin dégraisser le mammouth quand celui-ci a perdu presque 140000 élèves en trois ans! Certains font leur beurre de ces incompréhensions, et le gouvernement manque probablement de pédagogie à ce sujet.
Concernant les blocages, ils sont révoltants. Je n'aurai cesse de me battre contre ces pratiques liberticides. J'aimerais voir la tronche de ces bloqueurs aux cheveux gras si j'allais barricader leurs salles de classe au nom d'une lutte à laquelle ils n'adhèrent pas. Libre à eux de manifester si ça leur chante, mais qu'ils ne se livrent pas à ces chantages odieux, qui sont souvent la seule arme d'une minorité agissante que je considère attardée.
Sur ce, puisque je n'ai pas de bac à réviser, je vais aller manifester seul pour le mouvement et le progrès, choses contre lesquelles certains de nos lycéens se battent, souvent sans le savoir.
PS: Ce vendredi, j'irai fleurir la tombe de Pierre Desproges au Père Lachaise à l'occasion des vingts ans de la cruelle absence que nous a imposée son cancer. Je vous invite à faire de même, ou à avoir une pensée pour ce trublion génial.
2 commentaires:
Xavier,
Encore merci pour ton écrit, c'est sympa à lire. En plus tu le finis par PS: un signe du destin ou une simple faute de frappe ??
@+
Aymeric
La conclusion est parfaite, finir par une touche d'humour un triste constat, celui sur nos lycéens, la génération e dessous de la nôtre...
Fleuris bien la tombe, je serais par la pensée avec toi, j'irais peut-être lundi y faire un pèlerinage
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