vendredi 28 mars 2008

Arlette Chabot, un prénom bien porté

Petit coup de sang rapide. Hier j'ai regardé la fin de l'émission "A vous de juger" présentée par Arlette Chabot. Elle portait sur un éventuel boycott des JO.

Le plateau était rigolo:
- Rama Yade, qui a fait une belle perf', et qui est de plus sacrément canon pour un ministre.
- Duhamel, qui cabotinait tranquille.
- Stéphane Diagana, qui a été admirable de justesse pour représenter l'avis des sportifs.
- Laurent Joffrin, qu'on s'évertue à interroger sur son avis sur Sarko comme s'il était un expert neutre, alors qu'il manque de la finesse et de recul nécessaire au journalisme (la preuve, il bosse pour Libé)
- Un représentant de la Chine, seul contre tous, s'exprimant dans un bon français, ce qui nous fait dire que les positions chinoises ne sont pas délirantes à cause d'une erreur de traduction.
- Laurent Fabius, qui passait par là.

La discussion était courtoise, et le monde n'en a pas été bouleversé.

Ce que je voudrais dire, c'est mon agacement vis-à-vis d'Arlette Chabot. Elle coupe la parole, interprète les dires des invités selon son bon vouloir, et en méprise certains, comme le Chinois, qui s'en est pas trop mal sorti, il faut lui concéder ça. Et surtout, la chose la plus étonnante s'est passée à la dernière minute. Comme cela se fait souvent, elle présente des livres et des magazines. A part le Nouvel Obs, qui traitait de la question de JO et des droits de l'homme (et encore, elle a tout de même fait la pub d'un numéro encensant Mai 68!), que présente-elle? Accrochez-vous à votre souris, parce que ça chauffe:

- Le roi est nu, de Joffrin, brulot anti Sarko qu'il a écrit, blessé dans son for intérieur qu'il était de s'être fait taclé par le Président après sa pique sur la "monarchie présidentielle".
- Un livre de Kahn, qui revendique sa mal-pensance pour éviter qu'on le prenne au dépourvu en le critiquant sur ce point.
- Le Liquidateur, de Moscovici, connu pour son affection pour le Président.

J'espère que, comme moi, vous trouverez intolérable de ne présenter que la presse et la littérature anti-sarko, par ailleurs éloignée du sujet, comme s'il s'agissait des derniers articles et livres à la mode. Je sais bien qu'il n'y a pas tant de bouquins pro-sarko (et c'est bien logique, il est toujours plus aisé et pertinent de critiquer que de faire l'éloge), mais tout de même, trop c'est trop. déjà que la présence de Joffrin est une pillule dure à avaler...

Pourtant, c'est la télévision publique, et Madame Chabot y est directrice de l'information. J'eus aimé qu'elle fut encore en période d'essai pour qu'elle ramasse ses trombones, ses cliques et ses claques, et nous libère enfin de sa médiocrité télévisuelle.

mardi 25 mars 2008

Reporters Sans Peur et Sans Reproche


Les autorités grecques ont relâché hier soir les trois activistes de Reporters Sans Frontières, dont leur dirigeant Robert Ménard, qui avaient perturbé le déroulement de la cérémonie d'allumage de la flamme à Olympie. Agitant leurs drapeaux où les cinq anneaux sont remplacés par des menottes, ils se sont placés dans le champ de la caméra, juste derrière l’officiel chinois qui discourait, avant d’être neutralisés par le service d’ordre. La télévision chinoise, qui diffuse toujours en léger différé au cas où par malheur des signes malencontreux de démocratie ou de liberté venaient à se glisser dans ses programmes, a censuré ce passage.


J’aime l’ordre. J’abhorre les trouble-fêtes. J’en ai fait les frais avec mon ancienne association étudiante, lorsque des anti-CPE qui sentaient la vinasse et la bêtise sont venus interrompre une manifestation que nous organisions, le Concours de Plaidoiries des étudiants lyonnais. Ces gars-là, avec qui il était impossible de palabrer, méritent le bagne. Ils sont venus, ils ont semé le désordre, et ils sont repartis encore plus imbéciles qu’ils n’étaient arrivés. Dans ce cas, c’était disproportionné, méchant, petit. Souvent, ce type d’intervention est stérile et dessert la cause soutenue (voyons les intermittents du spectacle aux Césars !).


Mais ce qui s’est passé en Grèce, je le cautionne entièrement, si tant est que qu’on puisse se soucier de ma caution. Prendre la décision d’accorder les JO à la Chine était sage, car c’était l’ouvrir un peu plus au monde et lui donner la chance de montrer un visage plus conforme aux exigences démocratiques modernes auxquelles elle semble d’ailleurs indifférente. Mais la Chine n’est ni plus ni moins qu’une dictature, et il s’agirait de ne pas l’oublier. Elle muselle la presse, et organise des campagnes diffamatoires envers ses opposants, comme le Dalaï-lama (elle l’a accusé d’avoir organisé les heurts avec les forces de l’ordre chinoises au Tibet !).


Alors Ménard et sa clique, qui en dehors de ces coups d’éclats mènent en permanence une action nécessaire de dénonciation des dérives vis-à-vis des journalistes, ont eu raison de faire ce qu’ils ont fait. Par leur lutte, ils fournissent un éclairage sur le problème éthique que pose ces Jeux, qui glorifient certaines valeurs que la Chine n’honore pas. Et je suis heureux de voir que certains n’hésitent pas à évoquer un boycott de la cérémonie d’ouverture. Tout cela me semble très sain, car l’enjeu est suffisant pour se livrer à de tels agissements, que d’habitude je réprouve.


Pour un peu, ça me donnerait envie d’aller brandir une bannière Vasteprogramme derrière la tribune au prochain congrès de la LCR.


PS: Un peu de pub: j’ai évoqué dans ce billet le Concours de Plaidoiries des étudiants lyonnais. La quinzième édition a commencé aujourd’hui. C’est tous les soirs à partir de 18 heures à la Manufacture des Tabacs à Lyon. La finale est le jeudi 10 avril (plus d’info sur http://www.adely.org/).